Mon trajet se déroule sur la carte, Cahors la Rhune

De Cahors à Irun en passant par le Quercy, Saint-Jean-Pied-de-Port et la Rhune

Les photos sont commentées en tête de paragraphes par des passages du livre 

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Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Petit dèj au bord du Lot et départ, on traverse le pont Louis Philippe, on fait quelques courses on n'est pas en avance. On longe les berges du Lot bien aménagées et nous voilà sur le pont Valentré, c’est sûr que c’est beau, séance photos, on traine. Nous quittons tout de même Cahors, c’est 10h. À la sortie du pont un chemin qui monte et rapidement un choix à droite un GR cool circuit équestre, à gauche circuit sportif. Rien ne nous fait peur on prend le sportif, j’ai un putain de mal à l’aine, mais j’avance quand même. Maintenant c’est carrément des escaliers taillés dans le rocher, mais la vue est magnifique, nous surplombons Cahors et le pont Valentré, il faut être à pied pour voir ça. Nous arrivons sur un plateau en même temps que le cagnard, on l’avait oublié celui-là..............

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Une maison et des petits bungalows en bois sur une grande pelouse, une piscine,  et une terrasse de resto au bord. Petite sieste au frais dans l’herbe. La météo annonce encore plus chaud pour demain. Diner au bord de la piscine pendant que des marmots s’amusent à faire des bombes, les gerbes d’eau ne passent pas loin. Ensuite à la fraicheur,  piscine éclairée façon Hollywood, c’est dur d’être  pèlerin ! ...................

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Nous sommes des nomades et nous repartons,  aujourd’hui c’est un truc de gamins, 20 kilomètres. Nous suivons le canal latéral à la Garonne, c'est beau, c'est calme, des plaisanciers passent ils nous font des signes amicaux, que c'est beau ces bords de canaux. En face un petit village, je traverse pour la réapro,  je ne prends pas la bonne rue pour aller en centre-ville, donc je fais le tour du village pour y arriver, pas trop grave bien que j'essaie quand même d'économiser les kilomètres. Installation de la salle à manger aujourd'hui au bord du canal sous d'immenses platanes.........

Ça monte dur pour arriver à Auvilar, ça monte,  mais ça vaut le coup. Village magnifique, beau petit hôtel où nous mangeons bien en terrasse......... 


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

On se lève tôt et on part tôt, on a fait le plein, c'est une étape de 32 kilomètres.  On va tricher. Je me suis préparé un raccourci nous coupons pour arriver dans un petit village, à côté de l'église il y a de l'eau nous y trouvons deux pèlerins, deux Suisses. Ils ont aussi un raccourci,  pas le même, nous gardons le nôtre et ne trouvons pas le chemin marqué sur le GPS, nous nous rabattons sur le raccourci des Suisses. Nous passons sous une ancienne voie de chemin de fer, je vérifie sur le GPS, cette voie va à Eauze et c’est notre but de ce soir. Nous prenons la grimpette pour la rejoindre, c'est du gâteau il n'y a plus les rails, mais un chemin avec de beaux arbres qui nous tiennent à l'ombre. La végétation est épaisse, mais le chemin bien marqué. Mon GPS m'a dit que nous devons rejoindre le GR qui descend de Montréal. 

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je suis seul maintenant c'est une autre  marche, les paysages changent aussi. J'ai 30 kilomètres à faire pour arriver à Arthez de Béarn, des côtes, des descentes, mais ça reste très doux. Je suis parti tard et je vois peu de marcheurs. J'ai encore triché et j'ai gratté 6 kilomètres. Ça me vaut un moment cocasse digne de Buster Keaton.
Suivant mon GPS d'un seul coup plus de chemin, mais un mur de mais de plus de deux mètres de haut. J'étudie de près, le chemin doit être au bout de ce champ, mais il est à au moins 600 m, heureusement les mais sont plantés dans le bon sens. J'y vais, ça marche mal, c'est tout en buttes de terre, et rapidement je ne vois plus grand-chose, ça s'assombrit. Je marche maintenant dans un tunnel de maïs, le rang fait juste la largeur de mes épaules et j'essaie de ne pas trop toucher les maïs parce qu'une pluie de poussières me tombe dessus à chaque fois. Je ne vois rien à droite, rien à gauche, devant et derrière j'ai trois mètres de visibilité. J'avance, je commence à trouver le temps long, mais mon GPS a l'air d'être sûr de lui, j'espère qu'ils ne vont pas prendre idée de passer la moissonneuse maintenant, je n'ai pas envie de me retrouver dans la pâtée des canards.
Enfin, la lumière s'éclaircit devant moi, j'aperçois le chemin, un petit fossé je saute avec mon sac sur le dos et je me retrouve planté au milieu du chemin, l’allure conquérante, le GPS dans la main, poussiéreux, mais fier de moi.
C'est à ce moment qu'arrive un pèlerin rencontré la veille. Il n'en croit pas ses yeux et je l'ai surpris en jaillissant de ce champ comme un diable. Je me mets à sa place.  Il trouve que le GPS c'est formidable! Il marche vite, il s'en va.....

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je suis maintenant dans un paysage qui commence à prendre des airs de Pays basque, petites buttes, petites vallées, tout ça avec des prés bien verts, ça monte et ça descend doucement, c’est complètement désert, depuis la zone de travaux ce matin je n’ai vu personne.......

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Le paysage est fabuleux le paysage basque à l’état pur, et à pied quel régal, petits villages et leur église nichée contre la montagne, les fermes bien blanches, les troupeaux dans les prés, je prends mon temps...........
J’arrive à la porte St Jacques, c’est émouvant, je suis passé plusieurs fois sous cette porte, mais ma voiture était garée à côté, cette fois je suis venu à pieds, pas loin de mille kilomètres.  Voilà mes deux agités de tout à l’heure qui arrivent en marchant vite et en soufflant. Je demande à l’un d’entre eux de me prendre en photo pendant le passage de la porte et je rentre dans St Jean.............  


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Le lendemain bon petit déjeuner, à la table voisine il y a un couple de touristes, nous discutons un peu et je pars à l’assaut de la montagne, première étape St Etienne de Baïgorry. Ça monte fort sur la route. Je m’engage sur un bon chemin et ça monte encore plus fort, la vue est magnifique, je vois St Jean qui disparaît petit à petit dans une brume du matin. Ca y est je suis dans la montagne basque, j’en avais tellement rêvé. Je rejoins le GR 10 bien balisé, le ciel est bleu. 
Mon sac pèse lourd, je ne suis pas cool, j’attaque une grosse montée, je vais prendre mon temps, c’est une marche un peu comme pour monter au pic d’Orry, ça monte raide, mais quand je monte à Orry  je n’ai pas un sac de pèlerin sur le dos, sac qui doit contenir le nécessaire à trois mois de vie en dehors de sa maison..........


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je me balade un peu dans le petit village autour de l’église et dans l’église. Je remange le soir toujours en terrasse.  Ambiance de vacances très basque sur cette terrasse, c’est trop bon. . .................

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Il ne pleut pas ce matin, mais les orages de ces derniers jours ont détrempé les chemins, belle ballade douce et temps agréable, je ne vois pas passer cette étape qui est en partie le long d’une petite rivière sympa, devant moi se dresse la montagne de la Rhune.
Heureusement que l’étape est courte parce que ça tire un peu quand même.
Un pèlerin ne jure pas, mais putain quel hôtel, au milieu du village l’hôtel Arraya. J’ai une chambre au deuxième étage, un lit à rouleau une place. C’est une ancienne hospitalerie du chemin de Compostelle UN ENDROIT MAGIQUE je me suis rarement senti aussi bien. ....................................

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Et c’est parti, ça cafouille un peu au démarrage, peu de marquage, mais rien de grave je monte, je sors du village par un lotissement et je prends un chemin dans les bois qui arrive dans la montagne.
Je monte, je monte, il pleut par averses.
Justement, une grosse averse arrive, je me réfugie dans un abri à moutons fait d’une immense dalle de pierre posée sur deux autres dalles plantées sur la tranche façon dolmen , heureux d’être à l’abri, ça tombe épais.................

Un grain arrive qui cache tout d’un seul coup, c’est un mur bleu foncé noir qui m’arrive dessus à toute vitesse ! J’ai repéré une pierre plantée un genre de menhir je me blottis contre, elle va me protéger ! Je sors le poncho, il va me servir celui-là.
Je m’organise pour que tout soit à l’abri, j’ai mis mon casse-croute entre les jambes, tendu le poncho sur ma tête, je n’ai qu’à piquer à l’intérieur et je mange à l’abri. Il tombe des cordes, le vent tabasse fort, la petite grêle maintenant, ça tambourine sur mon poncho, m’en fous je suis à l’abri, le menhir me protège.
Fini de manger, fini de pleuvoir, une éclaircie déchire le rideau de nuages noirs et je vois Socoa ensoleillé et l’océan bien bleu. Magique, photos.........