Trajet de Irun à Santander

De la Rhune à Santander en traversant el País Vasco

Les photos sont commentées en tête de paragraphes par des passages du livre 

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Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Nous arrivons à l’Hermitage, il y a un groupe de pèlerins espagnols. Présentation, c’est mon pote canadien qui mène la danse…
à ma droite Jean-Marc, il a déjà  1000 Kilomètres sous les godasses.
Tout de suite je sens dans le regard des autres le respect qui s’installe à mon égard.
Moi c’est Silvio La Libertade (avec un accent canadien à couper au couteau, Silvio parle un peu mieux espagnol que moi, mais avec son culot il met des oss et des ass à tous ses mots canadiens et tout le monde comprend........  



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Photo prise par Sylvio Laliberté

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 
Le chemin arrive dans San Sébastian dans un jardin public ombragé, il fait encore chaud et lourd et l’ombre est bienvenue, au milieu du parc une fontaine et de l’eau fraiche, je me mouille les bras et la figure comme à mon habitude en me renversant mon chapeau plein d’eau sur la tête et j’entends soudain , Hé ! La tortue avec sa maison sur le dos ! Elle marche doucement, mais elle est toujours devant moi !

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Ambiance matinale de vacances au bord de l’océan. Ensuite ça monte assez dur, mais à côté du GR10 c’est du gâteau, paysage toujours aussi beau..................

Photo prise par Sylvio Laliberté

Photo prise par Sylvio Laliberté 

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je m’arrête à Zumaia pour faire le plein, en sortant de la tienda j’entends JEAN-MARC ! C’est mon Silvio qui me baragouine je ne sais quoi en Québécois et nous voilà repartis tous les deux, on marche on marche, on retrouve nos Japonais qui nous expliquent en hispano américano qu’ils sont coréens. Échange d’adresses, Silvio est organisé comme la SNCF, il sort ses étiquettes autocollantes avec ses nom et adresse. Et voilà qu’arrive Bianca, elle est nature.
Hier elle avait un énorme sac, elle nous explique que dedans elle avait una tela de tienda, nous mettons un moment avec Silvio pour comprendre toile de tente et elle nous dit regalo (cadeau) à ses amis d’hier.............
Photo prise par Sylvio LalibertéPhoto prise de Sylvio Laliberté
Photo prise par Sylvio LalibertéPhoto prise par Sylvio Laliberté 


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

En bas de la descente j’arrive sur une petite chapelle, au centre, à l’intérieur une énorme pierre qui fait une arche et qui remplit tout le volume intérieur. Il n’y a qu’un passage étroit pour en faire le tour.
Cette pierre date de la préhistoire et la tradition dit que les jeunes couples qui s’embrassent dessous se marient dans l’année...............
En marchant dans la direction je demande à toutes les personnes que je croise. Je me retrouve sur un sentier aménagé pour la promenade personne ne connait l’hôtel, je vois des bâtiments, je rentre dans une cour, non c’est pas là, il y a une bétonnière et c’est tout en travaux, je continue plus loin, j’arrive vers un petit lieu de prière en bordure des bois, en plein air une vierge, des bougies, petit moment de recueillement, une mémé m’observe du coin de l’œil............ 
 

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

La marche qui s’annonce aujourd’hui est dense, pour commencer il faut déjà que je rejoigne le camino à l’autre bout de la ville, ce qui fait déjà largement deux kilomètres. Lorsque je suis à nouveau sur le camino, c’est plat et quand ça monte, ça ne monte pas longtemps. Je traverse plusieurs villages, des bois d’eucalyptus. Je double les asiatiques, Madame souffre beaucoup, elle grimace en marchant, ça fait de la peine. Je double aussi les Français et là, c’est aussi Madame qui souffre.....

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Un bus arrive, il va à Lezama, c’est là que je crèche ce soir, c’est sûr ce bus c'est le diable qui l’envoie ! C’est un Mercedes, il s’arrête juste devant notre abri.
L’immense vitre arrière est cassée, elle à un trou au milieu et apparemment ça vient d’arriver. Le moteur tourne et nous crache sa fumée qui remplit notre abribus. Nous faisons notre pause avec la mécanique hurlante et puante devant nous, mais pas d’autres abris en vue et il pleut à verse. Dans le car il y a un pèlerin tricheur que le diable a dû embobiner........


Le chemin rapidement monte sur le goudron, puis dans la boue, et j’entends les avions qui ont repris leurs rondes, c’est cabot un avion ! Ils devaient se cacher dans les nuages et attendre que je parte pour atterrir, maintenant ils sortent à nouveau des nuages et moi j’y suis rentré, je suis dans un brouillard épais, toujours à la montée.
Mais toutes les montées ont un bout et j’arrive en haut sur un petit parking de campagne. Un chasseur fait monter ses chiens dans sa voiture, deux épagneuls, j’échange quelques mots avec lui sur les épagneuls et je prends la descente sur le goudron. Rapidement dans des trouées de nuages je vois Bilbao, j’entre dans un grand parc de la ville qui démarre du haut de la colline et qui me dépose à l’entrée de petites ruelles qui arrivent sur une grande rue passante......




Extrait de "Drôle de pèlerin" :

La mère Denis a dû mettre trop de lessive, la mousse sort par les bouches d’égout, par les trous d’écoulement d’eau qui sont le long des trottoirs. Bain moussant dans toute la rue, le vent disperse des amas de mousse qui prennent la descente de la rue en roulant et se désintègrent en bas.
Au pied d’un immeuble tout gris tout moche, les habitants ont installé des tables et ils mangent, ça n’a pas l’air de les déranger, j’entends des rires..................

Au détour d’une rue, jolie vue sur Portugalette, le soleil est revenu, mais ma crève n’est pas partie, je suis sur les rotules, d’une petite étape de 20 kilomètres stressante, mais pas méchante.
Portugalette très propre, très médiévale, et d’où j’arrive j’ai une super vue sur le pont transbordeur................... 





Extrait de "Drôle de pèlerin" :

C’est dimanche et toute l’Espagne est sur un vélo. Je prends le camino qui monte sur la falaise, maintenant sur ce camino c’est toute l’Espagne qui va à la plage, des petits, des gros, des belles, des pas belles, des familles nombreuses, des belles-mères, des marmots qui braillent, des vieux avec gros ventres, tap-tap et calbar trop petits.
Ils viennent tous à contresens et à voir leurs regards étonnés devant un pérégrin, ils ne doivent pas en voir beaucoup sur ce chemin. La marche est belle sur cette corniche qui surplombe la mer, je m’approche des trente bornes et ça commence à se faire sentir, ça fait deux heures que je vois Castro Urdiales à portée de main, mais à chaque fois une crique, un grand détour et ça ne se rapproche toujours pas.
De détours en contours, j’arrive à Miono,  petit village plein de petits restos. J’ai la crève et pour lutter il faut manger. Plato combinado, une grande assiette et tout dedans..............


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Dans ma chambre, ma fenêtre est grande ouverte sur l’Océan, le ressac me berce, la brise de mer fait doucement voleter le rideau léger, elle est belle ma vie de pérégrino, il faut juste que je soigne cette putain de crève et que je n’oublie pas les capsules de la p’tite pharmacienne.............
La chambre est bien avec un joli balcon sur la baie, mais tout est ici comme la patronne, pas mal défraichi.  Le restaurant donne lui aussi par de larges ouvertures vitrées sur la baie. Je me répète, mais ici vraiment rien à foutre des clients. La paella ? Non, c’est pour deux, j’essaie de négocier la demi-paella. Non je vous ai dit que c’est pour deux !. . .................

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

J’arrive à la pointe de Laredo et voilà l’embarcadère.  Santoña est en face. Il faut attendre sur la plage, j’attends le bateau, je ne vois bien pas où il va pouvoir embarquer les trois ou quatre personnes qui attendent. Pas de problème, le voilà qui arrive il accélère un peu et s’échoue le nez sur la plage ! L’un des deux marins sort une passerelle qu’il pose sur la plage et on monte sur le bateau. Il nous fait mettre à l’arrière, ça relève un peu le nez de notre embarcation, un grand coup de marche arrière, le bateau se dégage du sable en faisant un virage, re-marche avant et nous croisons en direction de Santoña, la musique à donf sur un bateau piloté par un marin sorti tout droit d’un film de pirate, le visage très basané et la casquette conquérante................... 

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Il y a longtemps que je n’ai pas mangé avec du monde, une salle pleine, j’ai l’impression de manger dans une maison de retraite, je ne suis pas un obsédé, mais pour la déco j’aime bien qu’il y ait quelques minettes, ben là non..................

Je marche maintenant le long de la longue plage de Noja, c’est magique, je suis seul, le jour se lève, c’est peut-être le premier jour du monde ? J’ai envie de quitter mes chaussures et de marcher un peu dans l’eau, mais même s’il y a une accalmie au niveau de ma crève, c’est encore pas tout à fait ça, j’évite les pieds dans l’eau.......... 

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

La traversée se fait dans la brume, l’oubli de mon bourdon hier m'a traumatisé et je suis constamment à le toucher, à toucher mon appareil photo, pour être bien sûr qu’ils sont là, c’est gonflant, je ne suis pas accessoires et je suis capable de tout oublier rien qu’en changeant de banc, même sur ce bateau.................

Je sors du resto où l’étage est plus difficile à descendre qu’à monter en tout cas, je suis sûr que quand je suis arrivé il n’y avait pas autant de marches à cet escalier. Je rentre au Central presque en tenant les murs, j’aime beaucoup Santander. .........