Trajet de Santander à Ribadéo

De Santander à Ribadeo en traversant Las Asturias

Les photos sont commentées en tête de paragraphes par des passages du livre 

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Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Aujourd’hui 24 kilomètres jusqu’à Mogro. Config pluie, parce qu’il pleut ! Toujours cette épaisse pluie de l’Atlantique.
Ma santé va mieux, cette journée de repos m’a fait du bien et m'a requinqué, je suis remonté comme une pendule, donnez-moi des kilomètres que je les dévore !
La sortie de la ville est facile, le chemin est balisé par de larges plaques au sol avec des coquilles St Jacques, la traversée de la banlieue de Santander est plus agréable que celle de Bilbao, en face de moi arrive une course à pied, moi je suis sous mon parapluie, mais eux en shorts et en polos sont trempés. Ils sont une bonne centaine, la plupart me font des signes amicaux en passant, me crient Buen camino ! .........................

Je repars et soudain au détour de la petite route, voilà Santillana del Mar, et je suis à nouveau dans la civilisation, c’est drôle de marcher toute la journée dans une campagne pourave et de se retrouver au détour d’une petite route dans un monde endimanché. Sentillana c’est comme Pérouges, mais en bien plus grand...........  

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je suis doublé par un Canadien, puis par trois jeunes, Buenos dias, buenos dias, je rattrape le Canadien, il est couché sur un banc dans le village de Cobreces, il a été rejoint par deux de ses amis, un français du Nord et une Canadienne.......
J’arrive à Comillas, c’est beau, mon hôtel est bâti au bord de l’océan, les pieds dans l’eau encore une fois, ma chambre a une terrasse sur l’océan avec chaise longue et fauteuil, belle salle de bains en marbre et belle chambre avec vue sur Comillas, la nuit tombe les lumières s’éclairent dans le ciel, le rose et le bleu se mélangent. Il s’emmerde pas le pèlerin !
La vue sur l’océan c’est simple, il n’y a pas de mur entre l’océan et mon lit, c’est une baie vitrée................... 


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je traverse Colombres, beau village avec des maisons d'Indianos, il y a dans ce village le musée des Indianos et le camino passe tout près.Aux Asturies, il y a beaucoup de ces maisons indianos. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, des Espagnols ont émigré en Amérique du Sud. ...................

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Maintenant plus de fléchage, je suis sur un GR qui suit la côte, c’est quand même très peu balisé, mais le chemin est magnifique. J’arrive sur une petite plage ombragée où coule une source, belle petite plage en sable fin dans une petite crique à la même échelle, un p’tit coin de paradis, la playa des Bretonnes..................



Pause casse-croute, je me trouve un petit coin au soleil contre un muret et à l’abri de ce vent glacial, avec vue sur une autre crique avec un rocher planté dans l’océan au large.........

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

J’ai déjà dormi dans l’hôtel que je cherche, La Arquera, mais j’étais en voiture et je me souviens qu’il était en direction de l’autoroute, j’arrive dans un rond-point, je traverse, j’ai pas envie de faire dix bornes pour le trouver.......

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Je traverse Ribadesella,  je vais directement vers la promenade le long de la plage et je m’installe sur un banc face à la mer où je déballe mes pommes...........
Petite promenade sur la promenade de la plage pour partir, beau temps, température douce, la mer est forte, il y a de belles vagues. Rapidement après un rond-point sur lequel trône un énorme chalutier.............  


Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Sur une quinzaine de kilomètres de ce petit chemin côtier, je ne croise qu’un couple de promeneurs espagnols, c’est propre, pas un papier, pas un déchet, l’océan, une brise légère, les oiseaux, la végétation, la nature à l’état pur et au loin, à l’horizon quelques voiliers bien blancs............

Je repasse près de la petite école bleue, je vois les dessins d’enfants accrochés sur les fenêtres, ça ne doit pas être mal d’être à l’école ici, avec vue sur l’océan, je pense qu’ici j’aurais continué mes études jusqu’à soixante ans.

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Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Basta, je paie, je pars pas cool. Aujourd’hui pas mal de problèmes en vue. Sale temps annoncé pluie et tempête, trente-huit kilomètres à se taper, deux cols à passer, et pas de trace GPS, je vais marcher au guide et j’ai pas l’habitude.

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Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Ça baigne tellement que j’arrache les pages du guide qui vont me servir aujourd’hui pour préserver le reste de mon bouquin parce qu’avec la flotte qui tombe, le bouquin va se retrouver en bouillie avant midi. J’avale mon premier col et je débouche sur une immense vallée qui forme un entonnoir avec plusieurs villages accrochés sur les coteaux, je dois rater quelque chose parce que je fais le tour par le haut d’une partie de la vallée avant de trouver le chemin qui descend et qui traverse le village qui est au fond, celui qui est marqué comme passage obligé par mon guide. En effet pas loin de l’église je retrouve une borne jacquaire, j’ai vu des flèchas amarillas tous le long, mais dans tous les sens !

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Je doute à nouveau, mais tout à coup j’arrive en haut du col ou une belle borne jacquaire trône et m’attend avec une belle coquille St Jacques qui m’indique la direction de mon chemin. Je l’embrasserais bien cette coquille-là. Quelques mètres plus loin dans une trouée de la forêt, je distingue au loin l’océan et la ville de Gijón...........

Quand je rentre dans ma chambre, pas mal de bestioles naviguent autour de mes affaires posées sur les petits coins chauds du sol. La plus grosse c’est tirée sous la porte j’ai pas pu voir ce que c’était.  ....................................

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Ça monte et ça descend sans arrêt dans des forêts d’eucalyptus, c’est pas brutal, mais c’est barbant.
J’arrive enfin à Muros de Nalon, sur la place du village il y a deux pèlerines, elles me disent qu’elles marchent depuis deux jours et qu’elles sont parties de Gijón, c’est deux Brésiliennes sympas..............
C’est midi, je pars, je marche vite, le temps menace. J’arrive à un panneau camino provisoire, toute la montagne est retournée par la construction d’une autoroute, point sur le GPS, je ne suis pas la déviation, je pars à l’opposé, je suis sur une route très passagère et je vois que derrière moi un pèlerin me suit............
Cinq ou six détours comme ça, les citrons que je garde en réserve me donnent un coup de niaque à chaque fois que j’ai les genoux qui vacillent. Enfin après un dernier virage, j’arrive enfin dans Cadavedo, petite zone artisanale, et chance, La Casa Roja, mon hôtel de ce soir, est à cinquante mètres du chemin.
C’est une belle maison d'Indianos authentique ......... 

Extrait de "Drôle de pèlerin" :

Le patron arrive, nous montons tous les deux dans son bureau sous les toits, je paie et il me propose la visite de la chapelle au bord de la falaise, il va m’emmener en voiture.
C’est sûr, l’endroit est magique, tous les derniers dimanches d'Août il y a ici une fête folklorique et religieuse. Il me montre où se couche le soleil, ça doit être magnifique rien qu’à voir avec quelle passion il me décrit la scène. J’imagine le soleil couchant sur ce petit promontoire pointu où est posée la petite chapelle au-dessus des rochers qui plongent dans l’océan. ................

J’arrive à Luarca par le haut, le petit port de pêche vu d’ici est magnifique, d’où je suis on dirait un décor, une petite poche entourée d’un côté par des rochers et de l’autre par le village qui remonte sur le flanc arrondi d’une colline, ça forme un nid au fond duquel, bien protégés des petits chalutiers de toutes les couleurs, se mettent à l’abri.
Lorsque j’arrive, justement il y en a un qui rentre au port, un gros grain arrive. Je me trouve un hôtel sur le port, le coin est magnifique, il ne faut pas que ça m’empêche de manger, c’est 15 h je rentre dans le resto de l’hôtel, j’ai juste le temps de me mettre à l’abri qu’un déluge s’abat sur le petit port. Je vois la pluie qui rebondit en bouillonnant par terre, les quelques voitures qui ont allumé leurs phares et les passants qui courent dans la rue pour chercher un abri. ......... 

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Fin du repas, le grain est passé il fait à nouveau beau, on est dimanche, je suis cool, je passe la fin de mon après-midi à trainer dans le port, pas trop loin des abris, il passe quand même quelques grosses averses.
De loin j’aperçois mon Hollandais, on se fait signe, il est un peu sauvage et moi aussi.  Le soir à dix heures, à nouveau petit repas, toujours très simple. Je vais dans un autre resto, les serveurs du premier n’étaient vraiment pas sympas et je me fais une soirée poisson, dans un port, avec vue sur les chalutiers, c’est le top.
Je rentre en flânant dans le port, demain trente-deux kilomètres et pluie au menu, mais bon, pluie du matin hein hein …..  

Extrait de "Drôle de pèlerin" : 

Le décor de mon exploit est planté, coolos Jean-Marc, faut y aller, c’est tout simplement la situation qui, pour moi, est la plus stressante, celle qui réveille sous mon chapeau toutes mes phobies les plus paralysantes.
C’est bon j’ai déjà fait quinze mètres plus que cinq cent quatre-vingt-cinq mètres !
J’ai le cœur qui ne bat plus, il tourne comme les pales d’un réacteur ! Garde ton calme JM ! Où tu continues à avancer , où c’est les pompiers de Ribadéo qui viennent t’hélitreuiller sur ce pont interdit aux piétons. .................

Le soir repas à l’étage, dans un petit resto super sympa, dans un ancien entrepôt sur le port. Je suis seul, mais c’est parfait, de ma place je vois le pont de mon exploit, à chaque fois que je le regarde j’éprouve de la fierté, parce que même de loin il est vachement haut.
Il y a de l’attente pour avoir une paella avec poissons et fruits de mer, mais ça valait le coup d’attendre, elle est tout simplement extraordinaire. .........